Pascal Sauvaire

8
.
.
Au fond de ma mémoire
Là où l’absence est absence
Au fond de ma mémoire,
A mille pieds de terre sous le ciel.
Au fond de ma mémoire
Dans la poitrine des glaciers
Git étouffé
Un cœur écœuré.
Il ne voit plus
Que sa bouche remplie de cendres
Son front de plomb
Ses mains froides
Que la mort d’un mot perdu.
Celui qui l’aimait
Répète à la nausée
Que son amour
Est é-cœur-é

Pascal Sauvaire

.
.

colere_by_li_photography
La colère et ses bonnes manières,
Celle des lointains,
Celle des claviers,
Celle des écluses.
Celle surtout
Des nuages de rage
Celle qui dort
Au fond de mes yeux
Celle qui se prend pour une autruche,
Le chien des gibets.
Celle du dernier refuge
Celle qui creuse
Jusqu’à l’oubli.

Pascal Sauvaire

.
.

17522589_1731808970444263_3137538225617631426_nJe dis amour
Tu dis mort,
Je crois t’entendre
Ta voix réveille au fond des pierres
La morsure amicale des serpents.Quel nom terrible donnes-tu à « l’espoir »
Quels poisons à mes rivières naïves,
Oui
Quel poison
Pour quelle fleur,
Pivoines qui se tordent sous mes doigtsRegarder s’envoler ses yeux menteurs
Pour que la rosée
Ne soit pas
Tes pleurs.

Pascal Sauvaire

.
.

17098625_1721641591461001_8374785202435689250_n.Sur les bancs publics
Agonise
Celle des antiques amoureux,
Comme le vide étrange
D’une arrière saison.Il fait ici plus froid qu’ailleurs
Plus triste aussi.
Le jour y prend le double masque
Le vrai, le faux
Qui l’empêche de chuter
Au fond d’un temps
Que la rumeur tarit.
J’ai maudit
En fait
Cet ici
Plus froid qu’ailleurs
Plus triste aussi.

Photo © elena-oganesyan
Texte© Pascal Sauvaire

.
.

15741320_1261922177209943_2664948403463114533_nIl n’y a pas pire
Désastre que
Lorsque le « je »
Devient un autre,
Lorsque le sol s’ouvre
Sous tes pieds
Et que dans
Un ultime sursaut
Le toi et moi
Se délient.
De mon reflet
J’ai scruté l’iris
Gris qui vire au noir.
Quand au tien
De leurs couleurs
Je n’en sais plus rien.

Pascal Sauvaire

.
.

J’aurai des journées de colère,
Journée de colère pour nains de jardin,
Journée de galère pour les autres, en longueur,
Journée de fureur asthmatique pour syphiliques.
Par delà le dégout, par delà les pleurs
J’aurai des journées comme avant le malheur.J’aurai des journées à battre mon cœur,
Des journées comme des semaines
Pour tout ce qui était,
Des journées comme des années
Comme s’il en pleuvait.
J’aurai de l’avenir comme s’il y en avait
Comme un désastre,
Un dernier ratage.J’aurai des journées à battre mon cœur,
Des journées comme des semaines
Pour tout ce qui était,
De longues semaines
Qui marquent les mauvais jours
Aux mains calleuses
De leur peine.
Ou donc
Est le soleil couchant ?

Texte© Pascal Sauvaire

eye_love_you____by_la_fille_reveuse-d36feit.jpg

6 commentaires sur “Pascal Sauvaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s