Pensées et poésies

Cesser de rêver, c’est stagner…

Nous avons tous l’aptitude à rêver, à délirer dans des combinaisons chimériques, à fantasmer avec différentes variables de la réalité jusqu’à créer une carte au trésor qui nous motive à aller de l’avant. Un peu comme une flamme qui attise notre motivation et nous donne des forces et du courage pour avancer.
Perdre son entrain et cesser de rêver, c’est rester en arrière, c’est stagner…
Si nous ne rêvons pas, nous ne nous projetons pas, nous ne nous autorisons pas à relativiser notre réalité en lui fournissant des désirs et des chemins alternatifs, nous avons tout simplement perdu l’espoir.
Et il n’y a rien de plus triste que cela.

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Fermons les yeux pour rêver… Mais ouvrons-les pour construire notre réalité

« Quand on rêve, l’on est aimé si tendrement !
L’autre nuit, tu t’en vins avec mélancolie
Appuyer sur mon cœur ton visage charmant.
Tu ne me disais pas : je t’aime à la folie.

Tu ne me disais rien ; et, je ne sais comment,
Tes regards me parlaient une langue accomplie.
Douce, tu m’attirais comme fait un aimant ;
L’amour, cette beauté, t’avait tout embellie.

J’ai rêvé cette nuit mon rêve le plus beau :
Ton âme m’éclairait le cœur comme un flambeau,
Et je voyais ton cœur au soleil de mon âme ;

Ton petit cœur, qui craint tant de se laisser voir,
Et qui, sincère alors ainsi qu’un pur miroir,
Reflétait mon bonheur et rayonnait ma flamme. »

Albert Mérat.

 

Pensées et poésies

Dans un coeur…

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Dans un coeur,
il fait parfois l’hiver,
quelques flocons douceur,
refroidissent l’atmosphère,

il lui faut le printemps,
pour qu’il reprenne vie,
qu’il se soigne patiemment,
qu’il prenne soin de lui,

l’automne a fait tomber,
les couleurs de la joie,
il voudrait bien aimer,
oui, mais ne le peut pas,

il lui faut les saisons,
pour retrouver le rythme,
pour chanter la chanson,
de l’amour qui s’invite,

dans un coeur,
il fait parfois l’hiver,
mais bientôt la chaleur,
rallumera sa lumière 

Alexandra JULIEN,

Pensées et poésies

Saudade

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Saudade est un mot fort, profondément émotionnel… C’est une somme d’émotions et de sensations qui remontent… C’est sentir le vide généré par la distance existant avec la personne aimée, cette brûlure intérieure qui ne s’éteint jamais… C’est la présence d’un manque… C’est ce qui reste quand tout meurt.
Plusieurs personnes ont essayé de la traduire, mais son sens reste malgré tout approximatif. D’après certains, la saudade peut se comparer à un ensemble très fort de plusieurs états d’âme comme un mélange de mélancolie, de nostalgie de choses qui ne seront jamais, mais qui auraient pu être, de tristesse, de regrets et d’insatisfaction.


Le mot saudade pourrait être un cousin proche du spleen, cependant, c’est un mal de vivre dans lequel on souffre, c’est un rappel malheureux d’un événement heureux.

La saudade ne s’explique pas, elle se vit.

C‘est bien planqué au fond de l’âme
C’est un frisson au goût amer
Ce n’est pas les violons du drame
Ca met du gris dans tes yeux verts

Ce n’est pas la mélancolie – mais encore
Ce n’est pas le blues infini – mais encore
C’est pas non plus la mélodie – de la mort
Des accords et encore

C’est une femme entr’aperçue dans un port
Une mélodie dont on a plus les accords
C’est un poème très ancien sur l’amour, sur la vie
Et la mort

Si la Saudade est dans les nuages – le parfum subtil
De la nostalgie
Elle a le visage de lointains voyages – c’est un grand voilier
Qu’on n’a jamais pris – qu’on n’a jamais pris

Ca vient de loin et en douceur
Cette douleur qui sent la marge
C’est comme un souffle sur ton coeur
Ca porte un joli nom Saudade

Si tu ne la vois pas venir – elle te voit
Si tu essayes de la fuir – oublies ça
Et même si tu veux en finir – Elle veut pas
Elle se serre contre toi

C’est la maîtrise des musiciens – des poètes
C’est la frangine des vauriens – de la fête
Elle est planquée dans les plus belles mélodies
Quand elle pleure, elle sourit

Si la Saudade est dans les nuages – le parfum subtil
De la nostalgie
Elle a le visage de lointains voyages – c’est un grand voilier
Qu’on n(a jamais pris – qu’on n’a jamais pris

Bernard Lavilliers

Pensées et poésies

L’indifférence…

L’indifférence est le pire des mépris. C’est une citation que je confirme, encore !.
C’est sûrement la pire des souffrances, bien plus que la souffrance physique.

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l’indifférence, ce sentiment capable de nous briser en mille morceaux, ce silence amer où se logent l’incertitude, ce vide, cette attitude passive et froide de l’autre personne envers nous-même qui génère désespoir et anxiété, est la réponse la plus dure… C’est l’attitude la plus agressives et douloureuses que l’on puisse recevoir, qui implique l’absence de toute forme de sentiments et l’expression de  notre transparence….
Tout ce vide émotionnel et cette froideur affective génèrent de sérieuses conséquences : l’ indifférence engendre, au-delà de tout, le désarroi, la peur, l’incertitude et le trouble.

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L’indifférence dans le silence total,
Bleu, dur et froid comme les glaciers,
Peuplés d’icebergs masqués,
Déguisés en faux-semblants,

Un silence qui bâillonne les mots,
Qui égorge l’enthousiasme,
Qui fait fuir sans se retourner,
Pour se replier, pour se protéger,

Alors comme un animal blessé,
Partir éclipser sa peine secrète,
Soigner sa cicatrice brûlante,
Panser sa blessure béante de déception,

Pensées et poésies

La carapace

On se met tous une carapace, parfois pendant des années… C’est une façon de se protéger… De moins souffrir… De prendre plus de recul… Chez certains, la carapace est plus épaisse que chez d’autres, question de sensibilité…

47a9eb27Petite âme un peu fragile,
Recherche comment se protéger,
Elle erre doucement sur sol d’argile,
Souhaitant à le consolider,

Elle s’est forgé une carapace,
Pour éviter coups et blessures,
Son cœur est devenu de glace,
Marqué de quelques égratignures,

Elle décide de prendre le temps,
De regarder son intérieur,
D’y introduire l’apaisement,
Et de le repeindre en couleur,

Elle se parfume de confiance,
Et prend la vie avec amour,
Se prépare à saisir la chance,
De repartir sur le parcours,

La carapace n’est pas tombée,
Mais elle est de plus en plus légère,
Et le soleil peut y entrer,
Pour l’éclairer de sa lumière.

Alexandra Julien

Pensées et poésies

La vie n’est pas un pull-over

Si la vie était un pull-over, nous pourrions refaire sans relâche les passages mal tricotés, reprendre les mailles filées, repriser les trous laissés par les mites ou laver les taches d’une journée mal embouchée…

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Malheureusement, la vie n’est pas un chandail et nous devons garder les trous béants et les cicatrices qu’elle nous inflige…

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Peut on jeter une vie qui s’effiloche et tombe et morceaux ou doit-on s’accrocher à chaque petite brindille qui flotte à la surface?

La vie n’est jamais peinte en noir et blanc.

Pensées et poésies

le mojito…

On fête la convivialité de se retrouver , de parler sans restriction. Prendre un cocktail, c’est chaud.
Et puis il y a le mojito…

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On a beau continuer à suivre la conversation, feindre l’indifférence, quand le serveur dépose le verre sur la table, on sent qu’une aventure commence.
C’est tellement pervers, tellement trouble. D’emblée une invite à plonger, à s’embarquer vers des fonds sous-marins qu’on aura bien du mal à maîtriser…
Le mojito, c’est à la fois opaque et transparent. Dans les verts, bien sûr, mais dans les noirs aussi,avec des zones un peu plus claires à la surface et des mystères insondables tout au fond de l’apnée. On y trempe les lèvres, surpris de cette fraîcheur qui sait prendre les oripeaux d’une moiteur de marigot. Tout cocktail impose une consommation lente, entrecoupée de pauses, d’abandons et de retours.
Avec le mojito, on ne domine rien. La dégustation devient fascination, et c’est lui qui commande. Le plus étonnant est cette persistance du sucré dans une mangrove aux tons si vénéneux. On se laisse pénétrer par une fièvre froide, on s’abandonne.
Au bout d’une errance glauque on sait que vont venir une chaleur, une euphorie. Mais il faut dériver dans la forêt feuilles de menthe, ne pas craindre de s’engourdir, abandonner l’espoir de la lumière.
Nager toutes les transgressions, se perdre, s’abîmer, chercher infiniment, descendre.
Alors montera le plaisir.

Philippe Delerm (extrait de) « Les eaux troubles du mojito »