…Tu vis… Tumeur !


Le 27 septembre 2017 à 20h20, la Tour Eiffel s’est parée de rose pour les 25 ans du Ruban Rose et en signe de soutien à la 24ème campagne d’Octobre Rose en France, grand moment annuel de mobilisation et d’information autour du cancer du sein et du dépistage.
Lancée par une magnifique scénographie son & lumière, l’illumination de la Tour Eiffel en rose, le monument sans doute le plus iconique au monde, est plus qu’un symbole : c’est un signe de victoire sur la maladie.

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Si l’influence du psychisme sur la genèse du cancer n’est pas démontrée, il est important de réduire le stress psychologique et les tensions physiques pour améliorer l’immunité de l’organisme et favoriser les mécanismes réparateurs du corps.
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Sauf que… Après plusieurs opérations et à la sortie d’un traitement à l’iode 131… On est tout, sauf sereine.
On traverse un passage à vide avec l’impression d’avoir épuisé toutes nos ressources. Une grande lassitude s’installe… Les « contrariétés » de la vie prennent une ampleur phénoménale…
C’est une forme de décompression mentale, un état plus ou moins dépressif…

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Libre !!!
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Ça y est, je suis sortie… Mais avec quelques consignes :
« Lors de votre sortie de l’hôpital, la majeure partie de l’iode administrée aura été éliminée de votre organisme par voie urinaire. Cependant, vous resterez faiblement radioactif pendant quelques jours et vous serez ainsi une source d’irradiation potentielle pour votre entourage.
– Eviter les contacts rapprochés et de longue durée (restez à plus d’un mètre, et moins d’une heure).
– Limitez les contacts avec les femmes enceintes (efforcez-vous de rester à plus de 2 mètres et le moins longtemps possible).
– Évitez les contacts rapprochés avec les enfants (évitez de les serrer dans vos bras et de les porter).  Il est préférable qu’ils séjournent chez des proches pendant la semaine qui suit votre sortie.
– Contamination de l’entourage : L’iode radio-actif s’élimine par la salive l’urine et la sueur. Evitez les étreintes, les rapports sexuels, les échanges de salive, les baisers.
 Evitez de partager la vaisselle et le linge. (Une fois lavés, les vêtements ne sont plus contaminés, et vous pouvez les porter comme par le passé.  Il n’est pas nécessaire de les laver séparément.)
– Pendant une huitaine de jours, continuez à boire plus que d’habitude … J’vais p’t être me mettre au rouge pour oublier les précédents conseils .

C’est joliment dit et tellement romantique…

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Bref… Je crois que je suis une pestiférée… Je suis toxique…

 Tous mes états d’âmes doivent en laisser plus d’un indifférent !
Heureusement mon blog est gratuit sinon j’aurais des plaintes !

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Il parait que l’isolement, c’est bien pour cogiter méditer. Mais rêver, pas trop… Je ne recommande pas la suite pour un week-end en amoureux…
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J’ai de la peine à comprendre que ce même iode, si souvent responsable de la maladie, puisse me guérir de celle-ci.

Ce dont je suis sûre, c’est que si l’iode radioactif me guérit, l’isolement qui va avec me détruit. Les journées sont interminables, les nuits aussi… Je me reveille plusieurs fois par nuit.
Tout me manque. J’veux rentrer chez moi. J’en ai marre de regarder mon téléphone. Je n’en peu plus de tourner en rond.
Merci à « Chasseurs d’appart' » qui m’a changé les idées une partie de l’après-midi (parce que Candy Crush…). Merci aussi à mes proches pour leurs messages qui m’ont permis de m’évader un peu.
Bref : plus que deux jours et trois nuits. Ce n’est pas le moment de déprimer…


« Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J’ai le temps. »
Marguerite Duras – Hiroshima mon amour

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La gelule est avalée…
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Cette pilule miracle qui doit détruire les projections thyroîdiennes éventuelles…
Il ne me reste plus qu’à attendre cinq jours sans cette chambre, avec pour seule compagnie une télévision, mon ordinateur et mon téléphone.
La période radioactive étant de 8,05 jours, d’ici ma sortie, ma radioactivité aura diminué de moitié et je serai moins source de risque pour mon entourage. Toutefois, pendant une semaine, encore, je devrais me tenir à l’écart des enfants et femmes enceintes.

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Elle n’est pas belle la vie ?

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Thyroïdectomie, ça, c’est fait !
Il parait que mon réveil a été difficile… Je n’voulais pas m’réveiller…
J’ai dormi une partie de la journée dans cette horrible tunique .
J’ai l’impression d’avoir une angine : ma gorge est un peu douloureuse et j’ai une voix de camionneur. La cicatrice est cachée sous un pansement et pour faire plus glamour, j’ai un Redon dans le cou… Super !

On m’a deja prevenu que j’aurai droit à une cure d’iode radio actif (juste un p’tit cachet à avaler, mais cinq jours dans une chambre sans visite)
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Bref, j’suis là, juste très fatiguée, mais j’suis là…

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Voilà, ma valise est faite…
Je devrais être habituée, mais ce soir, je suis très angoissée.
J’ai l’impression que le sort s’acharne sur moi… Je suis seule pour me battre contre lui… Tout me lâche… Je me sens seule face à la maladie. Et, pourtant, mes proches qui appréhendent l’intervention, m’ont appelé. Les autres…
Bref, il va falloir trouver la force de surmonter cette nouvelle épreuve, le doute et l’angoisse.

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Il faut que j’arrête de me plaindre, je crois que la fatigue en ce moment est tellement grande que je ne m’arrête pas de me lamenter…

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Le doute, né des espoirs déçus, des déceptions…
Les peines, les angoisses et les maux sont d’autant plus poignants qu’on a enduré de blessures. Il suffit quelquefois d’un faible revers pour faire désespérer aussitôt.
Pourtant, aujourd’hui, contrairement au premier diagnostique, je sais où je vais. Je connais les traitements et les changements intervenant dans ma vie.
La reprise d’un cancer ne signifie pas un nouveau cancer même s’il se manifeste dans une autre partie du corps. En effet, le cancer récurrent contient le même type de cellules malignes que celles de la première tumeur, où que soit située la nouvelle tumeur. Cela ne veut pas dire qu’il a un deuxième cancer. Cela veut simplement dire qu’il s’est développé ailleurs.
La rechute ne veut pas dire qu’on ne peut pas guérir. Pourtant, l’annonce de la récidive a été un choc violent.
J’ai peur… Je psychote… Le cancer nous tombe dessus et change à jamais nos vies : questionnements, peur de la mort, perte d’appétit, perte d’envie de vivre, perte de repères…

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Moi qui ne rêvais qui n’avais besoin que de légèreté, de fantaisie avant d’affronter ces quelques jours difficiles à l’hôpital, je n’ai eu que silence, déceptions et rejets…
Il est préférable de ne rien souhaiter quand on ne veut pas être déçu.  


« Trop espérer, c’est se préparer des déceptions. »
Alice Parizeau – L’amour de Jeanne (1986)


Bref, c’est un choc dont je me serais passé…

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« Les femmes qui survivent à un cancer du sein sont plus susceptibles de développer un cancer de la thyroïde…. »

« il va falloir réaliser une ablation totale de la thyroïde, il y a des cellules douteuses dans tes résultats… »

La gorge se serre, les yeux se gonflent… les larmes sont là…

ENCORE !!!

Encore une fois, j’ai beaucoup de chance, m’a dit Dr House, samedi matin. Il a beaucoup d’humour : j’adooooore !!! Mais , là, tout de suite, j’ n’ai pas envie de rigoler’

Les mots tombent… Je cherche une main, un regard… Il n’y a que le regard bienveillant de mon cher Dr House… Oui, je suis une mauviette !!

« Nous avons bien fait de contrôler… Nous allons l’éradiquer ! »
« À un stade précoce. »

« juste un petit nodule »
« Ce type de cancer est guérissable à 99% s’il est pris à temps. » 


« La plupart des cancers du sein au stade précoce sont traités par chirurgie, suivie d’une radiothérapie. L’exposition aux radiations pendant le traitement est un facteur de risque de cancer de la thyroïde. »…

Et…Bim !!!

Et tu réponds quoi, lorsqu’on te dit : « J’espère que tout va bien, que la visite, c’est bien passée » ?

Tu ne réponds pas, parce que tu sais que tout le monde veut que tu dises : « tout va bien ! « … Tu ne réponds pas, parce que tu sais que ton entourage veut passer à autre chose… Que certaines personnes sont indifférentes et ne voient en toi que la personne que tu étais… Avant…

Mais c’est sans compter sur la maladie qui te ronge.

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Merci Dr House !.. Merci, tu es excellent !… Mais, moi, je trouve que ça fait un peu beaucoup !!

Peut-on résister à plusieurs bombes ?

Bref, j’ai beaucoup pleuré, je me suis sentie seule dans ma bulle, mais il paraît que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, alors, encore une fois, je vais jouer les Superwoman et boire un verre de vin avant de m’amuser tranquillement avec mon petit bonhomme, comme si de rien n’était. Je me dis que je n’y peux rien, de toutes les façons, c’est comme ça !

Samedi soir, j’ai pleuré, sans cesse, sans arrêt, en silence…
Dr House m’a dit que suite à l’ablation, je ne grossirai pas, et que tout sera super, et très vite un mauvais souvenir.

Mais personnes ne m’a demandé, tout simplement, si ça allait.

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Rose Attitude et Ride Events, deux associations dédiées à l’après-cancer pour les femmes et la passion de la moto, ont décidé de s’unir pour organiser R.A.R.E, un événement destiné à aider les femmes à reprendre une vie active après le cancer.
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Et… La fête continue !!
Hier mon cher Dr House m’a envoyé les dates de rendez-vous pour une scintigraphie de la thyroïde et dosage de la calcitonine…
Rien de grave, bien sûr, ce ne sont que des examens. Mais quand on connaît le but de ces examens, on peut comprendre mon angoisse.
Quand on connaît les cadeaux que m’a faits la vie ces derniers jours, on peut comprendre ma déprime…
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Nietzsche a dit : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »
Et moi, je dis : « Je suis en bonne voie pour devenir SuperWomen »

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Une petite boule…
Une petite boule sous l’oreille…
Une petite boule de rien du tout…
Et c’est la panique !
Je la touche… Encore et encore…
Elle n’était pas là hier, c’est sûr !
Allô, Dr House !… J’ai peur rassure moi !

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Bref : Je sais que ce sera toujours comme ça.
Et que « la main chatouille » ne sera plus qu’un prétexte pour chercher les petites boules….

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J’y pense souvent… J’y pense beaucoup.. J’y pense tout le temps !
Même si je n’en parle plus, parce que je sais que tout le monde veut l’oublier, essaie de chasser cette sale période et respire mieux sans cette putain de maladie.
Mon entourage est soulagé et veut passer à autre chose. Il essaie de cacher ses ressentis afin de ne pas me plomber le moral.
Je me sens mieux, c’est indéniable… Mais j’ai malgré tout des gros moments de blues. J’essaie de me ressaisir et de penser à autre chose. J’aimerais en parler parfois. Cependant, la famille et le cercle social sont exclus, car tout le monde veut oublier. Moi aussi, je veux oublier, mais ça ne s’oublie pas aussi facilement: Ça laisse des traces autant que des cicatrices .
Mon Cher Dr House me dit : « Toi t’es une battante, tu vas guérir, je le sais depuis le début ! »… Sauf qu’il me dit aussi que je dois prendre ces satanés cach’tons, qui me détraquent, pendant cinq ans. Et cinq ans, c’est long !

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Devant mes proches, je fais la forte, même si mon bras n’a pas encore retrouvé toutes ses facultés, même si je louche sur mes cicatrices, même si je suis plus « meurtrissable » qu’avant…
Car finalement, je ne suis pas malade à part mon cancer. Mais, il reste présent en permanence. La peur de la récidive me mine, alors que, pour tout mon entourage, c’est une affaire classée… Sauf que je sens presque physiquement l’épée de Damoclès sur ma tête.
Pourtant, je considère que j’ai beaucoup de chance. Mes amis et ma famille ont tout supporté : le changement de caractère, les traitements, et tout le reste…

Bref : t’es pas obligé de lire ça!
Mais, moi, j’avais besoin de l’écrire …
Et… comme je suis chez moi, j’fais ce que je veux !
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Ma cicatrice n’est pas seulement une balafre sur la poitrine. Elle m’a changé à jamais. Je ne sais pas si je l’accepterai un jour, si la colère s’endormira.
La guérison ? On ne parle pas de guérison, mais de survie. Parce que personne ne veut garantir la disparition complète et définitive : même pas mon cher Dr House qui me dit qu’après un « délai suffisant » sans rechute, il est « quasi certain » que le cancer sera définitivement éliminé.
Un « délai suffisant » ? « quasi certain » ? : on est dans le flou !

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Bref : Le spectre s’ éloigne, je le pense, je l’espère… Je suis encore en vie… Mais je ne serai plus jamais la même !

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Pensée dégrisante qui ouvre une faille à la possibilité d’autres épreuves.
Pensée menaçante qui transforme chaque bobo en possible récidive
Pensée paralysante qui pétrifie à coup de « pourquoi ? ».

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Comment aimer un corps qui a trahi ?

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Je prends ce petit cachet à contre coeur.
Mais, est-ce que j’ai vraiment le choix ?
Mon Cher Dr House m’a dit et répété : « c’est environ 60 % de protection contre les récidives »
Ça vaut quand même la peine de supporter les effets indésirables…

RAPPEL :

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Rien que ça !  hein ?
Oui, le cancer du sein se soigne bien quand il est pris à temps !!!!
Oui, on meure encore de cette maladie !!!
A bon entendeur….

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Ça me fait rire jaune quand on me dit : « Il faut absolument garder le moral » .
En fait, non ! : ça ne me fait pas rire ! Ça me fait plutôt culpabiliser quand j’ai le moral en berne ou des émotions désagréables.
Quand on y réfléchit bien, c’est un peu la double peine : il faudrait savoir composer avec la maladie et aussi contrôler ses émotions.
Si avoir le moral se décidait par la simple volonté ça se saurait. D’ailleurs, je n’ai jamais vu personne retrouver instantanément le moral parce qu’on lui avait conseillé d’être positif.

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S’ amuser, se bidonner, blaguer, se divertir, s’esclaffer, glousser, ironiser, jouer, se moquer, narguer, persifler, plaisanter, railler, ricaner, rigoler, s’amuser, se distraire, se divertir, se gausser, se marrer, se moquer, se poiler, se réjouir, s’esclaffer…
Peut-on rire de tout ?
Oui nous répondait Pierre Desproges mais pas avec tout le monde ! J’ai plutôt envie de dire tout dépend comment !
L’autodérision n’est pas rare chez les malades qui s’en servent volontiers comme d’une échappatoire quand leur ciel est chargé de nuages noirs.
On connaît l’adage « il vaut mieux en rire qu’en pleurer » !
Mais, manier l’humour est un art, un art qui devient périlleux face à la douleur d’autrui. Un instrument qui doit s’utiliser avec tact et empathie.
Lorsque nous parlions, mon cher Dr Housse et moi, de tumorectomie, sujet très humoristique, j’en conviens:
Moi :  » je débute dans le cancer du sein, je n’ai aucune expérience,  je vais avoir besoin de beaucoup d’explications »
Lui :   » de toute façon, on n’ira  pas bien loin dans l’expérience vu qu’on n’a que deux seins »
Tout le monde n’aurait pas ri… Mais, ça nous a fait rigoler comme des bossus… Moi, un peu jaune quand même…
Le rire est un remède contre la déprime.

SP20160103_Michel-Delpeche-1000Oh, je ne ris pas toujours… Je pleure même beaucoup !… Surtout en ce moment, d’ailleurs…  Cependant, je me persuade que la dérision permet de faire passer les angoisses, le traitement et reste une bonne prévention contre les récidives et les rechutes. Mais surtout, qu’elle est essentielle pour accepter tout ce que cette satanée maladie a changer dans ma vie, les + + qui se greffent et pas seulement à cause d’elle….


Bref, tu l’aura compris : j’ris beaucoup jaune, J’pleure la rivière… Mais faut qu’ça passe parce que c’est trop beaucoup

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« Les femmes souffrant d’hyperthyroïdie présentent un risque accru de cancer du sein »
En étant soignée pour une hyperthyroïdie depuis de nombreuses années et opérée d’un adénome hypophysaire, je connais bien les problèmes des dérèglements hormonaux. Mais je ne connaissais pas le lien avec le cancer du sein. Maintenant, c’est chose faite !
Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, je découvre que:
« Les femmes qui survivent à un cancer du sein sont plus susceptibles de développer un cancer de la thyroïde« 

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En ce moment, j’ai une grande tendance à cumuler
et je dois avouer que je cogite dur !

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Demain, j’y retourne… Ça faisait longtemps que j’n’avais pas vu mon Dr House !
Je m’arrive plus à dormir, je rumine, je rabâche, je gamberge, j’imagine ! J’suis un peu paumée.
Rien de grave bien sûr : Une petite intervention de rien du tout. Ovariectomie bilatérale, qu’il a dit mon Dr House.
Bien sûr, je sais que ce n’est rien !
C’est surtout la vie qui va autour qui me perturbe le plus… Je sens que ces quelques jours vont être invivables…
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Bref, le top n’est pas là, mais j’ai préparé mon baluchon et demain, j’ me présenterai la tête haute et le sourire aux lèvres devant mon cher Dr House…
Manquerait plus que j’ fasse mon Caliméro

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J’ai beau dire que ce n’est pas l’bureau des pleurs ici … Un peu quand même… Cette page est en train de prendre des allures de journal intime et je n’aime pas beaucoup ça…
J’vais quand même t’épargner mes bobos journaliers … Parce que ce n’est pas le style de la maison et surtout, parce que tu t’en fous 
Sauf que parfois, à force d’encaisser les coups, faut bien trouver un moyen de décapsuler. Mon gentil Dr House, me propose une pilule , encore une , qui fait voir la vie en rose. Mouais… J’me méfie : avec lui, c’est toujours léger et facile. J’préfère garder toute ma tête, même si elle est un peu cabossée en ce moment. Je n’vais pas non plus adopter la cigarette qui fait rire. Alors, j’vais continuer à blablater ici et… Tant pis !
C’est sûrement ridicule, mais je préfère ça plutôt que d’accabler mes proches avec mes états d’âme.
Cette semaine, à plusieurs reprises, on m’a dit : »Bon courage »
Ça partait sûrement d’un bon sentiment. Ce sont des mots que l’on prononce généralement pour soutenir une personne qui va s’exposer à des épreuves. Ça veut dire : va ! Fonce ! Sous-entendu : fais-le, fais le seule . J’ai interprété ça comme une indifférence supplémentaire…J’ai dit merci, bonne soirée et… J’ai pleuré…

Finalement, Dr House a p’t être raison, faut qu’j’ ajoute sa pilule « quifaitvoirlavieenrose » à mon cocktail matinal, si je ne veux pas devenir parano.
Ce soir, je pense, que si je l’avais eu, j’aurais pris double dose !

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Toi, qui tombes par hasard sur cette page, passes ton chemin… j’vais pas te faire rigoler ! !
Vas plutôt voir mon blog … Quoique…
tumblr_static_c01uac7e5i8gc4gs0gcs8gkowIci, c’est plutôt à moi que je parle… J’y vide mon sac de cailloux, j’soulève le couvercle de ma cocotte… J’laisse des traces… C’est ma thérapie… Pis, j’fais ce que je veux : j’suis chez moi !!
Donc hier, j’ai été voir mon Dr House… Il m’a gardé à l’hosto presque toute la journée (Remarque, j’étais aux frais, y a la clim ! )… J’crois qu’il m’aime trop pour souhaiter me voir si souvent…  Faudrait qu’il m’aime un peu moins et qu’il m’oublie un peu… J’me passerais de ses annonces souriantes qui m’tombent sur la tête quand j’en ai le moins envie…

Il m’avait dit : « ce n’est rien ! C’est pris au tout début ! Juste quelques rayons et des cachets !… Je suis très content de moi, vous avez une très belle cicatrice et dans quelques mois, il n’y paraîtra plus !« 

Alors, aujourd’hui, j’ai envie de lui dire : « Merci Dr House !!! : ta belle cicatrice me fait loucher et m’ force à aller voir mon gentil kiné « Mr vasyqu’j’temalaxeetqu’jetiresurtonbras … Tes cach’tons me donnent la nausée, l’mal de tête, des envies de chialer même et surtout quand les gens sont gentils, me fatiguent, m’empêchent de faire tout ce que j’aime…
Et , tu oses me parler d’ovariectomie bilatérale?
C’est quoi ce gros mot?… Ho ! C’est rien? j’aurais dû m’en douter !! Juste un détail, une prévention, pour éviter que mes ovaires trop généreux en hormones ne provoquent une rechute… Ben tiens !!
Gentiment, en souriant, tu m’ proposes de devenir une…  Une quoi, en fait?… J’te rassure, j’voulais pas d’autres bébés, mais j’voulais juste savoir que j’pouvais encore en avoir… Et là, toi, tu m’dis juste qu ‘on va me castrer…!
Tu m’dis qu’on n’a pas toujours l’ choix, et tu m’as convaincu… Mais s’il te plaît, ne rajoute pas que j’ serai plus tranquille après. Parce que moi, (OUI, MOI !) là, tout de suite, j’ai l’impression que tu vas me mutiler un peu plus, qu’il n’y a pas de fin…!

J’sais bien qu’il ne viendra jamais le lire ici… J’sais bien qu’il essaye d’user de diplomatie… J’sais que c’est moi qui réagis mal… Mais là, tout de suite, j’ai l’impression que je viens de prendre ENCORE un coup sur la tête et que je vais finir par me noyer…

Ce soir, c’est la fête de la musique et j’te dis pas quelle musique j’ai envie d’écouter… J’te dis pas à quoi j’pense pendant que d’autres s’amusent

J’t’avais prévenu, fallait passer ton chemin : ici, c’est pas la fête de la musique, mais j’te salue quand même !
J’vais aussi t’ mettre un dessin sympa,..
Histoire qu’ tu ne sois pas venu pour rien

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j-en-ai-marre-Ça m’saoule!!! J’veux plus être fatiguée !! J’veux qu’on m’laisse tranquille !!! J’veux reprendre une vie normale !!!
En plus, j’suis trop émotive ! Un p’tit rien et j’pleure comme une madeleine….
J’ crois qu’je sature un peu et la fatigue prend le dessus. J’ne contrôle plus rien !
J’me suis jamais sentie comme ça… Du coup, j’suis perdue

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C’est comme si j’étais deux : celle qui veut être forte et celle qui veut s’abandonner, être seule sur une île déserte et ne plus penser à rien… Celle qui veut faire les choses et celle qui a peur…
Je n’ai pas envie de sortir, de croiser des regards, de dire que je vais bien… de mentir, parce que non ! : je ne vais pas bien et j’ai peur !…Je suis une sauvageonne, intolérante au bruit à la futilité , pourtant j’en ai besoin !

Est-ce que j’ai encore des cellules folles dans le corps?
Pourquoi ce traitement me détraque autant ?
Est-il vraiment utile ?
Je ne sais pas…!

Bref: le moral est en berne !

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Comment ça va ?
Ben… Généralement, ça ne va pas top bien !


a haut et basQuand je suis mal, je suis seule à ressentir la souffrance, la peur, la détresse. Je me replie sur moi-même. Je deviens égoïste, égocentrique.
Plus que la douleur, c’est un éclair de colère ou un frisson de peur. C’est un état usant, accablant qui anéantit, diminue la puissance d’agir.


Il n’y a plus que les pleurs, en signe d’impuissance.

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Le cancer est une sorte de compagnon imaginaire qui passe son temps à te souffler son haleine de rat crevé au creux de l’oreille.

Et là, tout de suite, j’ai les oreilles qui bourdonnent !

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Bien souvent, on considère que prendre un petit cachet quotidien reste anodin. En réalité, il procure une multitude d’effets indésirables et je comprends que près de 40 % des femmes soignées par hormonothérapie jettent l’éponge et décident d’arrêter  le traitement en dépit des risques encourus..
Les effets de ce traitement sont terriblement invalidants : douleurs articulaires, céphalées, fatigue, insomnie, et sautes d’humeur (voire dépression).
Seule l’angoisse de la rechute permet de les supporter.
Alors oui, je comprends ces femmes qui arrêtent, qui décident que leur qualité de vie est finalement plus importante que le risque potentiel de rechute !
Oui, je comprends ces femmes qui souffrent et se démènent seules entre la peur de la récidive et le risque avéré, jusqu’à faire un choix dangereux pour leur vie !

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C’est en le vivant que l’on sait ce que c’est un cancer

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elle-raconte-son-cancer-du-sein-dans-une-bd-touchante-et-positiveSacré cancer !
On croit qu’après l’opération, on le laisse derrière nous !
On croit lui avoir fait un pied de nez. Mais c’est un vicieux ! Il est toujours là, caché dans un petit coin. Il n’est plus dans mon sein, mais il a été se cacher dans un petit coin de ma tête. Il ne se développe plus (pour l’instant en tout cas) mais au final, je me rends compte qu’il reste là, à me ronger l’esprit de façon pernicieuse !
Je n’ai pas le moral, pas de motivation… Je dors très mal !… C’est lui le fautif ! … Il me bouffe les neurones.
J’ai tout simplement peur… Peur qu’il ne revienne!
Je ne voudrais pas y penser, mais ça me ronge!

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Cicatrice
La cacher…
Porter un vêtement couvrant…
Et puis non !!!
Ne pas s’en faire et mettre ce qu’on veut…
Se dire, qu’on s’en fout…
Et puis finalement se dire que non, on ne s’en fout pas!!!
Se dire que ça ne se voit même pas…
Et puis devant le miroir, voir qu’on voit…
Espérer l’hiver et ses pull-overs …
Déprimer en regardant les magazines féminins…
Puis se dire, qu’on s’en fout, mais en fait : non…
Se dire ce n’est pas grave, qu’on est en vie, que c’est l’essentiel…
Se dire qu’on n’a pas le droit de se plaindre…
Que c’est trop bête, est-ce que ça se voit vraiment???
Et si ça se voit, qu’est-ce que ça va susciter comme réactions???
Dégoût, pitié, empathie???
De toute façon, les gens ne diront rien, ils feront comme si, et moi aussi…
Alors se dire que ça ne change rien…
Et finalement mettre cette petite robe…

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Et… Rester à la maison…
Râler… Parce que ce sera comme ça tout l’été…

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Nous vivons dans un monde où le paraître a plus d’importance que l’être. La mutilation corporelle apparaît comme une blessure physique mais aussi morale. Il en découle des troubles anxieux et dépressifs qui a des conséquences émotionnelles et comportementales.
Le cancer va transformer le regard au corps pour le malade, mais aussi pour les autres, altérant l’estime de soi et provoquant la perte de confiance.
Sans parler des effets secondaires du traitement et le sentiment de perdre le contrôle de son corps.

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Un cancer ?
Tout le monde peut en developper un, et ceci à n’importe quel moment.
Comme le disait un certain Phillipe Geluck :

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L’ancienne façon de penser était que le cancer était un processus linéaire… Une cellule mutée finissait par acquérir de plus en plus de mutations. Et ces mutations ne sont pas supposées disparaître spontanément… Dans cette façon de voir, le cancer était « une flèche qui ne va que dans une seule direction ».

Aujourd’hui, il est clair que les cancers ont besoin de bien plus que des mutations pour progresser. Ils ont besoin de la coopération des cellules normales autour d’eux, et même « de l’organisme dans son ensemble, de la personne », dont le système immunitaire, ou les hormones, par exemple, peuvent soit éliminer soit alimenter une tumeur.

Je crois que mon organisme est un abruti !

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Rien de personnel !
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Pourquoi se sentir gênée de garder ses cheveux… ?
Le mot cancer est le même pour tout le monde… Non ?
Personne ne doit hiérarchiser sa gravité…

Parce que le sentiment profond qui submerge lors de l’annonce est le même pour tous. Quand la sentence tombe comme un couperet, le mot est le même : rien que le mot donne des  sueurs froides.

Même si ça te rassure que ta copine ait eu un “petit” cancer, ne la fais pas culpabiliser en lui disant : « mais ce n’est rien, ”certains en sont morts”, comme si ce n’était qu’un rhume…

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Aujourd’hui est un jour très dur pour moi, pas propice au sourire … Un coup de blues, c’est comme ça, Mauricette !
J’essaie pourtant de rester zen, surtout pour ne pas inquiéter mon entourage.
Aujourd’hui, je lâche la pression.. C’est les chutes du Niagara !
Mon humeur oscille souvent entre les pluies automnales et les ouragans… Histoire de donner raison aux météorologistes qui donnent des prénoms féminins aux déchaînements de la nature.
Comme une sensation d’être dans un trou noir, l’impression que le sort s’acharne sur moi…
Bref ! C’est un jour sans…

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Une blague mortelle…9643ab7616014433eb225b0a4c5e924b

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Avant, quand je sortais de la douche, je passais la main sur le miroir embué et je regardais mon visage…
Maintenant, je passe toujours la main sur le miroir embué, mais c’est ma poitrine que je regarde en premier…
Je ne scrute plus les petits « bobos » mais la symétrie. Je cherche les anomalies, la gorge serrée.
C’est une obsession…

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«Ne t’inquiète pas », « Tout va bien se passer », « Sois positive », « Tu vas t’en sortir » … Montrent juste l’inquiétude et la peur de ceux qui les énoncent … Ces mots sont superflus.
« Tu sais, c’est comme ma tante »… Ça t’éclipse et c’est désagréable. C’est refuser d’écouter pour ne pas risquer d’entendre des choses difficiles.Il est inutile de vouloir à tout prix rassurer. Dire que l’on est là suffit.DesktopIl y a, quand même, quelques pépites ou maladresses qui pourraient presque faire sourire, si elles n’engendraient pas la colère .« Ça va ! C’est qu’ un cancer du sein ! « …
(J’ai trop d’ chance, moi !)
« Tu ne vas pas mourir ! « …
(Comme toi, le plus tard possible !)
« Après ça ira mieux ! ”…
(Qu’est-ce que t’en sais
« Ah ma grand-mère est décédée d’un cancer du sein ! »…
(Toi, tu ne vas pas mourir d’une overdose de diplomatie !)
« Ce ne sont que des petits problèmes de tuyauterie »…
(J’vais en parler à un plombier)
« Ne te plains pas, tu as encore ton Sein »…
(Non mais j’hallucine !!! ça c’est l’élégance suprême)
« Ta cicatrice ? Arrête ! Moi, j’ai des vergetures !! « …
(Euh bah comment te dire ? : T’es bête ou tu l’ fais exprès ?)
“Pense à la mer, aux vacances, à des trucs cool »…
(Ben oui, j’fais que ça !)
« Et, ton fils ? Tu ne crois pas qu’il faudrait le faire suivre ? Il a de quoi être perturbé ! Tu devrais faire plus attention ! « …
(Mais à ce stade ce n’est pas de la maladresse, c’est juste de la méchanceté)

Et… Je suis certaine que j’en oublie !

Y a des jours comme ça où on n a pas assez de cailloux
Forest gump

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Le plus étonnant dans tout ça, c’est cette capacité à tout absorber … Comme une impression de devenir une poule mouillée. Quelle ironie !
C’est dommage, car ils (elles) mériteraient vraiment d’ se faire baffer… !!

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Je dois dire que l’hormonothérapie me joue des tours… Et  je ne suis pas complètement en phase avec tout ce que cela  engendre comme bouleversement dans ma vie.
Sauts d’humeur… Bouffées de chaleur… Vertiges… Maux divers et variés… Je suis fatiguée en permanence alors qu’en fait, mes journées ne sont que peu remplies… Et tous les jours j’ai mal au crane : ça va ça vient ! .
Bref, c’est la fête !!
Elle est pas belle la vie ??

Ce que je ne supporte pas c’est de ne plus me reconnaître…
Je suis devenue une VIEILLE !!!!!

Comparé à des handicaps sévères,  j’ peux aller m’ rhabiller avec mes petits troubles . Sauf que sur le moment tu n’y penses pas aux handicapés, tu penses à toi et tu es un peu en colère, encore en colère ! La colère du cancer tu connais ? C’est celle qui fait sauter les plombs une fois de temps en temps, pas toujours au bon moment, pas toujours face à la bonne personne. Mais ça libère de toutes les frustrations que tu endures depuis le début de ta maladie. La colère ne te rapportera rien, tu le sais mais néanmoins tu la gardes ta colère, elle te permet de tenir certains jours…

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« Trouvons une alternative ! »
« Y’en a pas !! Mais soyez rassurée, ça devrait s’améliorer »
Ben m’ voilà rassurée !!

Ce médicament me transforme… Les sauts d’humeur sont flippants.

Mais bon… C’est pas l’ bureau des pleurs ici , faut pas abuser non plus !

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Tank Girl est le personnage principal d’une série de bande dessinée britannique, créée par Alan Martin (scénario) et Jamie Hewlett (dessin). Elle est apparue pour la première fois dans le fanzine Atomtan, auto-édité par les auteurs, puis sa série a débuté dans Deadline Magazine en octobre 1988.

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Tank Girl est influencée par la vague punk et en arbore les signes distinctifs : crête iroquoise, épingles à nourrice, batte de baseball. Ce comics pour adultes aborde également des thèmes féministes, sexuellement explicites et anarchistes.

À bord de son tank, Rébecca parcourt une Australie post-apocalyptique. Dans ce monde, la mafia semble dicter sa loi à un pays gangrené par la corruption. Renvoyée de son job de conducteur de tank, Rébecca est alors mise au ban d’une société qu’elle renie déjà largement. Elle entre en conflits avec le sergent Titbit et son Squad de la mort…tank-girl-dessin-art-Jamie-Hewlett

Ce matin, je me posais cette question : c’est quoi le mode d’emploi pour devenir une guerrière ?
C’est bien de se battre hein ?
Belles paroles !
Mais bon là c’est pas archi-concret !!
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Tout est toujours compliqué, alambiqué, dans les sentiments. Tout le monde voudrait dire je t’aime, être heureux. Etre heureux définitivement, sans altération, sans ramification ; sans amplification mais sans dégénérescence : on en appelle à du fixe, à de l’immobile, à de l’immarcescible. Non il y a toujours une tumeur qui sourd, un orage qui fait ses gammes quelque part, une horreur qui tonne. On ne peut s’acheter, une fois pour toutes, cette tranquillité qui apaise, ronronne pourrait mourir avec nous, doucement.

Yann Moix

Nous traversons parfois des périodes de turbulences. Pendant cette période trouble, c’est un peu comme si nous étions sur un bateau et que nous ne soyons plus le capitaine du navire.

Un  navigateur, qui connaît bien les eaux dans lesquelles nous allons naviguer, se propose de prendre la barre le temps de traverser une zone de perturbations.

Une fois la mer plus calme, il nous redonne les commandes de notre navire, car c’est nous le capitaine. C’est nous qui connaissons le mieux votre navire et qui en avons la plus grande expérience… Mais, la  boussole est déréglée et nous ne savons plus vraiment dans quelle direction aller.

Il n’est pas évident, alors, de retrouver ses repères et cette phase n’est pas facile à gérer…

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Des millions de petites bulles
Éclatent comme des étincelles
Brûlant la gorge
Avant que de la dénouer
Remontent en cascades
Pour se glisser sur la paroi
Du visage
L’arrosant d’un goût salé
La douceur des mots
Inconnus et inhabituels
Apaisent au lieu de fracasser
Invitent plutôt que de repousser
Refont le parcours de ces années
Ou toute parole gardée jalousement
Empêchait la douleur de ressurgir
Le temps m’est revenu
En pleine poitrine
Tout mon corps a ressenti la secousse
Il y avait le soleil qui brillait
L’eau du fleuve en tourbillons
Les bruits se taisaient
La ville se dessinait lointaine et sourde
J’étais devant la vie
Et mon enfant a murmuré : merci !

Michèle Malenfant – Turbulence

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L’attitude combative est souvent vue comme étant la bonne manière de réagir face aux malignités de la vie. Elle est valorisée par tous… Le risque est alors de vouloir cacher ses états d’âme négatifs comme la tristesse, la peur ou même la colère, en portant un masque pour renvoyer une image positive.

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Être combatif ce n’est pas forcement être dans la peau d’un guerrier, c’est déjà essayer de maintenir ses repères et de ne pas s’effondrer.

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«Rien n’est plus magnifique qu’un sourire qui a su combattre les larmes»

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Plus un interdit est clairement explicité, plus la tentation de le transgresser est grande. Lorsque quelque chose nous est interdit,même provisoirement, notre esprit décide de s’y intéresser plus intensément que d’habitude et nous cherchons à gagner ce challenge.

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Nous devons passer au-dessus des consignes pour vivre les conséquences. C’est la seule façon de ne pas recommencer ou de renoncer de soi-même aux activités interdites, lorsqu’elles sont nocives pour nous.
Il faut reconnaître que la tentation porte bien son nom car elle est effectivement « tentante ». Sans quoi ce n’est pas une tentation.

On ne se délivre de la tentation qu’en y cédant
Alexandre Jardin

C’est décidé, demain, je roule…  C’est la meilleure des thérapies !

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Le cancer du sein touche actuellement près d’une femme sur huit en France. Nulle n’en ressort indemne. Heurtée de plein fouet par la maladie, puis opérée, il y a de quoi garder des marques. Et pour ce qui concerne les cicatrices, certaines femmes choisissent tout simplement de les dissimuler sous un tatouage.
Une pratique de plus en plus répandue qui leur permet de se reconstruire psychologiquement en gardant une jolie trace de leur combat.

Leur message ? Positiver et surtout  Réapprivoiser leur corps.

Désirer un tatouage, dont la réalisation est presque toujours douloureuse, peut paraître paradoxal quand on a déjà traversé les épreuves de la maladie… Mais une douleur choisie ne cause pas une réelle souffrance. Certaines personnes choisissent cette douleur pour contrecarrer des souffrances intimes. En prenant cette initiative, elles créent leur propre rite de passage.

Breast Cancer doesn’t have to leave the last mark.

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J’ai croisé le soleil !…
Elle était là, sur le pas de la porte… Elle me regardait en silence, petite, très menue et haute en couleur. La tête lisse et nue mais avec un immense sourire qui illuminait son visage…
Je suis restée bloquée, fascinée, éblouie par tant de lumière. J’ai fini par lui rendre son sourire et elle m’a dit, comme pour s’excuser de son insistance :

-« Je souris beaucoup et peu de gens me le rendent comme toi, pourtant, un sourire en appelle toujours un en retour. Je surprends par la façon de m’habiller, et parfois, je fais même peur… Mais je me sens bien dans cet arc-en-ciel et c’est ma façon de remercier la vie… Peu importe l’image que je donne, c’est comme ça que je me dynamise. »

Elle a posé son foulard orange sur mon bras en m’assurant que j’étais bien plus jolie comme ça. On a blablater un bon moment sur l’incidence des couleurs dans l’environnement…

Elle aurait bien repeint les murs si on le lui avait permis et elle m’encourageait à repeindre les miens.

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Bref… J’ai croisé le soleil !

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Une bombe…
Tout vacille…
Une petite boule qui n’avait pas sa place…
Biopsies douloureuses et interminable attente…
Et les résultats qui tombent sèchement…
Tout va très vite : l’intervention… La curiethérapie…
Et puis : la fatigue, la douleur, la révolte, l’incompréhension, la peur de la maladie et la colère…
Oui la colère ,  avec toujours cette question : pourquoi moi?
Et ce corps qui a porté au creux de lui quelques millimètres qui bouleversent tout si profondément…
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La vie ne sera plus jamais la même.
Pas à pas, il faut guérir… Retrouver la confiance en son corps. Retrouver un peu de paix intérieure.
Une bataille… Une bataille, dont personne ne sort indemne !

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Bonsoir ! …

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J’aurais bien dit « bonnes vacances », mais j’ai peur que ça me freine pour arriver à destination 🙂

« Quand Dieu noya le genre humain
II sauva Noé du naufrage,
Et dit en lui donnant du vin :
« Voilà ce que doit boire un sage. »

Buvons-en donc jusqu’au tombeau :
Car, d’après l’arrêt d’un tel juge,
Tous les méchants sont buveurs d’eau ;
C’est bien prouvé par le déluge. »

Désolée, j’ne connais pas l’auteur , Mais j’vais l’écouter et lever mon verre en espérant devenir plus sage…  

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Le rose est l’association du rouge et du blanc, la couleur de la chair, de la rosée régénératrice .
Signification : chaleur, tendresse et féminité…

En même temps, visualiser du rose calme, tranquillise, donne confiance et apaise.


Dites moi : Bonnes vacances !
Bybye et à bientôt

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La maladie  est une crise génératrice de chaos
qui peut aussi nous faire avancer.

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Quand l’annonce tombe, la première réaction est : “pourquoi moi, pourquoi ça ?”
Souvent, la médecine n’apporte aucune explication cohérente. Et la peur du traitement est encore plus grande que la peur de la maladie.brain-2146817_960_720

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Pour un temps, le rythme quotidien est perturbé par les fractures qu’elle opère dans tous les murs qui nous entourent, par les brèches qu’elle ouvre.

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Tu es là, sournoise. Tu t’es incrustée dans ma vie. Tu t’imposes et me provoques des tonnes de soucis. Mais, qu’est-ce que tu crois ? Que tu vas t’en tirer comme ça ? Que tu vas réussir à m’emmener là où je ne veux pas aller ? Alors là, laisse moi rire ! C’est carrément du délire. Je vais me battre, je vais lutter. Je ne te suivrai jamais !

Moi ce que je veux c’est  mettre à ma vie un brin de plaisir.
Redessiner sur ce triste visage le portrait de son ancien sourire.

Mais…

Faut-il pleurer de ce qui m’arrive ou en rire ?
Dois-je garder la raison ou plonger dans mes délires ?
Rester sur mes gardes, ou bien devoir affronter le pire ?
Garder espoir d’une longue vie ou se préparer pour mourir ?

10 commentaires sur “…Tu vis… Tumeur !

  1. Bonsoir Harleyte
    Je viens de lire vos pages sur le…ou votre cancer.
    Je suis bouleversée par votre écrit.
    Pour moi qui est un cancer du sein j’ai aussi cette chance de pouvoir tracer des lignes de mon ressenti et je dois vous le dire beaucoup de nos mots posés se ressemblent dans leurs authenticités.
    Demain je dois prendre pour la première fois ce maudis cachet et j’en tremble à l’ avance. J’en connais les effets secondaires. Agiront-ils sur moi comme sur vous et d’autres je le crains.
    Je suis stupéfaite de ne pas avoir eu au départ de l’annonce de mon cancer votre colère. Je crois que c’était plutôt de l’accablement ressentie comme si j’étais fichue et que je ne pouvais qu’admettre cette fatalité. Je pleurais du matin au soir dès que quelqu’un me parlait faite j’étais dans le déni ce ne pouvait pas être a moi en personne que cela arrivait dure a expliquer…
    Puis au bout de quelques mois je me suis révoltée de façon a vouloir tout démolir autour de moi. J’ai perdus quelques amis dans ma bataille qui n’ont pas compris que je ne me métrisais plus que j’étais enfin parvenue à me rebeller contre ce crabe qui me salissait de l’intérieur.
    Aujourd’hui je réalise que si dimanche je me suis posée sur votre blog c’est que je n’y suis pas venue par hasard mais qu’il était inscrit que je devais faire votre connaissance.
    Merci

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir Marieliane,
      Il ne faut pas avoir peur de l’hormonothérapie. Nous ne réagissons pas toute de la même façon.
      Si les débuts ont été difficiles, aujourd’hui, je la supporte mieux. Mis à part qu’elle me rend un peu dépressive et c’est là que je me reconnais plus.
      Moi aussi, j’ai beaucoup pleuré et je pleure encore souvent. Mais je crois fermement que j’ai vécu le plus dur de la maladie même si je sais que je ne serais plus jamais comme avant. Certaines disent qu’elles en ressortent plus fortes, moi, j’ai l’impression qu’elle m’a usé, salie. .
      Je ne sais pas pourquoi j’ai posé mes grosses colères ici, probablement pour les accepter plus facilement… J’ai de la difficulté à en parler et il faut bien l’évacuer.
      J’espère que vous supporterai bien le cachet. C’est notre protection et la balance est largement positive.
      Merci à vous Marieliane

      J'aime

      1. Merci a vous pour nos échanges je ne suis pas rassurée j’ai encore de grosses frayeurs concernant cette chose que j’ai eu bien de la peine a appeler par son nom un cancer. Il m’a fallu l’apprivoiser ce rustre qui ne m’avait pas demandé la permission d’envahir mon sein. Je vais le prendre mon comprimer dès aujourd’hui.
        Je vous souhaite une très belle journée.

        Aimé par 1 personne

  2. Voici ce que je pense ajouter sur mon manuscrit si vous m’y autorisé.

    « L’attitude combative est souvent vue comme étant la bonne manière de réagir face aux malignités de la vie. Elle est valorisée par tous… Le risque est alors de vouloir cacher ses états d’âme négatifs comme la tristesse, la peur ou même la colère, en portant un masque pour renvoyer une image positive.
    Être combatif ce n’est pas forcement être dans la peau d’un guerrier, c’est déjà essayer de maintenir ses repères et de ne pas s’effondrer
    La vie ne sera plus jamais la même.
    Pas à pas, il faut guérir… Retrouver la confiance en son corps. Retrouver un peu de paix intérieure.
    Une bataille… Une bataille, dont personne ne sort indemne ! La maladie est une crise génératrice de chaos
    qui peut aussi nous faire avancer.
    Quand l’annonce tombe, la première réaction est : “pourquoi moi, pourquoi ça ?”
    Souvent, la médecine n’apporte aucune explication cohérente. Et la peur du traitement est encore plus grande que la peur de la maladie. Pour un temps, le rythme quotidien est perturbé par les fractures qu’elle opère dans tous les murs qui nous entourent, par les brèches qu’elle ouvre. Moi ce que je veux c’est mettre à ma vie un brin de plaisir.
    Redessiner sur ce triste visage le portrait de son ancien sourire.
    Mais….(harleyte)

    Faut-il pleurer de ce qui m’arrive ou en rire ?
    Dois-je garder la raison ou plonger dans mes délires ?
    Rester sur mes gardes, ou bien devoir affronter le pire ?
    Garder espoir d’une longue vie ou se préparer pour mourir? » (Harleyte)

    Aimé par 1 personne

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