Vittorina Sambri

Ettorina (Vittorina) Sambri est née le 12 décembre 1891 à Vigarano Mainarda, près de Ferrare, d’Antonio et Ernesta Santini. Elle grandit dans une famille humble de sept enfants. C’est la première femme championne de moto d’Italie.

Angiolina Randone, Maria Valsecchi, Lucia Borsetti, Bruna Bonetti et Vittorina Sambri, concurrentes lors d’une course sur le vélodrome Cascine de Florence (1911).

En 1911, elle commence à participer à des courses cyclistes féminines, suscitant la curiosité avec son look masculin. Elle remporte de nombreuses courses.
En 1913, , elle abandonne le vélo pour se consacrer à une nouvelle passion, la moto, devenant ainsi la première femme italienne à concourir dans cette discipline. Sa renommée de  » garçon manqué  » la précède et s’accompagne souvent d’un préjugé qui s’interroge sur son genre avec une grande véhémence, à la mesure de sa popularité croissante. Bien qu’il soit quasiment impossible, pour une femme, à cette époque, de participer à des courses de moto, elle défie les hommes, en les battant souvent.
En août, elle accepte un défi du pilote Antoniazzi di Padova, sur l’hippodrome de Faenza. Pendant les premiers tours, Antoniazzi est en tête, Vittorina tente de le doubler à plusieurs reprises, surtout dans les virages, la bagarre commence : elle est entre la clôture et son adversaire qui la serre, l’obligeant à rouler en dehors de la piste. La course est annulée pour irrégularités. Au redémarrage, Antoniazzi est en tête, mais de peu et Vittorina le dépasse en augmentant l’écart, avec son rival, à chaque tour. Elle sort victorieuse de la course.
Dans ce monde chauvin des motards de l’époque (qui ne comprennent pas comment une femme peut aller plus vite qu’eux.), la rumeur se répand que Vittorina est en fait un homme… Comme si c’était une question de genre pour gagner une course : seule sa sensibilité à l’accélérateur a fait d’elle une championne !… L’année de ses débuts en tant que motocycliste a été une année de grands résultats et de notoriété immédiate.

Vittorina Sambri, Moto Borgo de 1914

Dans ces années où de nombreuses femmes s’engagent sur la voie de l’émancipation, les pantalons, moteurs et cigarettes sont particulièrement appréciés chez elles. Vittorina sait jouer avec les désirs et les peurs d’une société entre tradition et modernité. En ce sens, son arrivée sur le circuit de Crémone, en mai 1914, est bien accueilli par la presse et le public. Elle s’y engage dans la course réservée aux motos 350 cm3, avec huit autres concurrents. Elle y montre de grandes capacités, imposant un tête-à-tête au favori Miro Maffeis, pendant toute la course, ayant distancé le reste du groupe. Elle termine deuxième sur la ligne d’arrivée, après avoir parcouru 190 km de route, à quarante secondes de son rival.
Quatre mois plus tard, elle fait ses débuts dans la catégorie 500cc et en 1922, elle remporte une manche du championnat italien 500cc. 

Vittorina Sambri et l’équipe Motoborgo

On ne sait pas quand elle a réellement arrêté de courir, bien qu’elle ait longtemps occupé un rôle dans les coulisses de la course. Elle passe les quarante dernières années de sa vie dans l’ombre, maintenant un lien fort avec son frère Roméo. En fait, elle est restée dans l’équipe de son frère Roméo, également champion d’Italie sur piste moto.

Dans les années 50, elle dirige une concession Moto Guzzi à Ferrare qui devient également un point de rencontre pour les fans de l’époque, une sorte de club de motards. l’histoire raconte que quiconque entrait dans sa boutique était confronté à une femme qui portait toujours des vêtements d’homme, des cheveux d’homme et l’éternelle cigarette entre ses lèvres.<

Engagée jusqu’au bout dans le domaine motocycliste, Vittorina décède à Ferrare le 10 décembre 1965. Elle est née avec ce nom et a été enterrée sans que personne n’ait jamais pu prouver qu’elle n’était pas une femme. Il est donc juste de reconnaître son rôle de pionnière en Italie dans le sport moto.

23 réflexions sur “Vittorina Sambri

      1. Eric

        Encore une femme qui bouscule les codes j’adore ! Comme toutes les personnnes qui sortent de la ‘normalité’…
        Respect à elle et merci à toi pour ce récit…

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  1. Incroyable aventure de cette pilote. J’écris pilote car je ne désire pas m’inscrire au club des détracteurs des femmes dont on conteste la féminité. Pour moi c’est inacceptable. Il suffit de voir ce qui se passe en France avec la femme du président…
    Merci Amélie de nous faire rêver avec des femmes exceptionnelles!

    Aimé par 1 personne

  2. Superbe article ! Je retrouve ici, la « Passionnée de Moto » !… Merci Amélie de me permettre de redécouvrir Vittorina Sambri ! Cette sportive italienne avait bien sûr du « Talent », mais aussi la « Niaque » (chère aux championnes et champions), pour réussir et aller au bout de sa passion.
    Je te souhaite une bonne année et surtout une bonne santé. Bien amicalement. Bisous.

    Aimé par 1 personne

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