Avis et Effie Hotchkiss

Au début du 20 e siècle, une grande partie des États-Unis, en particulier à l’Ouest, est encore sauvage, pleine de bandits et d’Indiens, sans parler de la faune. De plus, les routes qui existent sont étroites et principalement en terre. Ces dangers n’ont pas découragé Effie (commis de banque à Wall Street).
En utilisant un petit héritage, elle achète un V-Twin Harley-Davidson et planifie son voyage. Cependant, sa mère, Avis, n’est pas aussi enthousiaste qu’Effie à propos d’une femme voyageant seule. Au lieu d’empêcher sa fille de partir, Avis insiste pour la suivre.

Effie et Avis à Salt Lake City, Utah

Un side-car est installé sur la moto et le duo mère-fille a quitte Brooklyn, NY le 2 mai 1915 pour assister à l’exposition internationale Panama-Pacific à San Francisco : l’aventure de leur vie commence.
Elles passe les deux mois suivants à parcourir 8 000 km à travers tous les types de terrains et des conditions météorologiques imaginables.
Effie ne fait pas que conduire, elle est aussi mécanicienne. Elle doit réparer la moto dans les endroits reculés. Lorsque le duo manque de chambres à air pour les pneus, elles improvisent en prenant une couverture, en la coupant, en la roulant fermement et en la fourrant dans le pneu afin de pouvoir aller jusqu’à Santa Fe, au Nouveau-Mexique, où elles achètent de nouveaux pneus.

Une fois arrivée sur la côte ouest, Effie a trempé ses orteils et ses pneus dans l’océan Pacifique

Arrivées à San Francisco, en août, elles entrent dans l’histoire et le record du monde Guinness en devenant les premières femmes à avoir traversé leur pays en moto.
Elles sont également les premières femmes à faire l’aller-retour.

Je voulais juste voir l’Amérique et j’ai considéré que la Harley-Davidson à trois vitesses pour moi et le side-car pour ma mère et nos bagages étaient les mieux adaptés.
Effie

Après avoir passé un peu de temps à profiter de l’océan Pacifique, Avis et Effie, qui n’ont fait que la moitié du trajet, doivent penser au retour : retourner à New York en traversant les déserts du Nevada et de l’Utah, les villes de Reno, Salt Lake City, Omaha, Davenport, Chicago et Milwaukee. Les deux femmes remontent sur leur Harley pour retourner à New York où elles arrivent en octobre 1915. Le point culminant de leur voyage de retour a été l’arrêt à Milwaukee, où la mère et la fille ont eut droit à une grande réception et une visite privée des installations de Harley-Davidson.
(L’histoire raconte qu’en traversant le Goden Gate Park à San Francisco, elles ont presque écrasé un homme qui deviendra le mari d’Effie.)

Elles ont parcouru 14 000 Km, aller-retour.

Après ce périple, Effie est incapable de surmonter ses souvenirs dans le Far West et rêve à de nouvelles aventures. Fatiguée de la vie urbaine, elle envisage de déménager dans l’ancienne ferme de son père.
Puis une mystérieuse lettre arrive de l’Oregon, envoyée par Guy Johnston (cet homme qu’elle a presque écrasé quelques mois plus tôt…). Il a vu un article dans un journal local qui publie l’adresse d’Effie et annone la réussite de son voyage.
Un beau jour, à la grande surprise d’Effie, elle reçoit un télégramme de Guy, lui demandant de le rencontrer l’après-midi à Grand Central Station.
Deux semaines après, ils se marient et déménagent en Oregon pour commencer une nouvelle vie, avec Avis, bien sûr…
Le couple a un fils, Jean.
Pour vivre heureux, vivons cachés : on n’entend plus parler d’eux…

(Avis décède en 1958, et Effie en 1966. )

43 réflexions sur “Avis et Effie Hotchkiss

  1. Amélie, avec ce genre d’histoire tu finiras par me faire chialer…
    Quel contraste avec la vie insipide de la plupart de nos congénaires actuels.
    Voilà deux super nanas (amicales excuses pour cette familiarité!) qui ONT VÉCU

    Aimé par 2 personnes

      1. Je crois même que personne ne peut imaginer les galères qu’elles on dû affronter. Quand je dis ‘personne’, je pense à tous ceux qui ne peuvent même pas imaginer de passer plus d’une demi heure sans leur téléphone mobile!
        Amicalement à toi!

        Aimé par 1 personne

        1. Sans être « accro » au téléphone, j’avoue qu’il rend bien service parfois 🙂
          Et pour deux femmes qui traversent les grands espaces américains, il aurait été rassurant, je pense. Mais leur histoire aurait été différente.
          Amicalement Akimismo

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