Sally Robinson-Halterman

Aujourd’hui, on voit de plus en plus de femmes conduire de grosses motos et participer au sport motocycliste. Mais pour que cela se produise, certaines ont dû « ouvrir la voie » et surmonter des difficultés qui ne nous viennent même pas à l’esprit…
Sally Robinson, connue sous le nom de Sally Halterman, est sans aucun doute l’un des noms qui représente une grande réussite dans ce domaine.

Nous sommes le 15 septembre 1937. Sally Robinson-Halterman est une femme de 27 ans, mesurant moins de 1,50 m et pesant moins de 40 kg. Physiquement mince, mais avec beaucoup de courage et d’obstination, elle rêve d’obtenir le permis de moto.

Depuis 1928, Sally conduit une moto. Un jour, elle décide qu’elle veut avoir un permis officiel.
Bien qu’il n’y ait pas de loi dans son état qui interdise aux femmes de conduire une moto, l’examinateur chargé de lui transmettre ce document affiche des idées différentes.
D’abord, il prétend qu’elle est trop petite, puis trop jeune…
Tout aurait pu démoraliser notre aventurière. Mais Sally ne se laisse pas intimider et poursuit son examen théorique où elle obtient un résultat positif de 80 %. Contrairement à la logique et pour l’encourager à abandonner, on lui dit que ce n’est pas suffisant. Mais au lieu de baisser les bras, Sally s’inscrit, à nouveau à l’examen et obtient des résultats encore meilleurs (un excellent 92%). Les autorités, déterminées à lui refuser le permis, affirment que même le dernier résultat du test n’est pas suffisant pour qu’elle réussisse l’examen pratique.
C’est là que notre petite (grande) femme décide de faire appel à un avocat. En présence d’un représentant légal, l’examinateur est forcé de céder et Sally peut procéder à l’examen pratique tant souhaité.
Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là.
L’heure de l’examen pratique arrive, et sans la présence de l’avocat, l’examinateur affirme qu’il ne montera pas dans le side-car prévu à cet effet, car il a peur d’être conduit par une femme. Au prix d’une rhétorique très patiente, Sally convainc l’examinateur de commencer l’examen de conduite.
À la fin de l’examen, le correcteur déclare :
– « Madame, vous manœuvrez la moto aussi bien qu’un homme. Vous connaissez la machine et votre conduite est élégante et fluide. Mais je ne vous ai pas vu donner le coup de kick, donc je ne peux pas vous donner le permis. »
C’est à ce moment-là que, comme on dit, « la cocotte explose » de telle manière que le discours de Sally est désormais dédié à offenser l’examinateur de toutes les manières imaginables.
Dans l’interview qu’elle a accordée au Washington Daily le lendemain, Sally termine son récit en avouant :
– « Je l’ai traité de noms tellement laids que j’en ai même eu honte. Mais cela a fonctionné, et j’ai obtenu mon permis ! »
Immédiatement après avoir reçu son permis, Sally est invitée à appartenir au DC Motorcycle Club. Elle est la seule femme à avoir reçu cet honneur.

Le 15 septembre 1937, Sally Robinson-Halterman est la première femme à obtenir un permis moto à Washington dans le district de Columbia.
Avant cette date, le permis de conduire pour les femmes ne comprenait pas celui pour la conduite de véhicules à moteur à 2 roues.

La nouvelle fait tellement écho qu’elle a même fini dans le Washington Post :

C’est grâce à la force et la persévérance de suivre son rêve, qu’elle l’a réalisé.

Sally utilise la plus petite machine disponible qui pèse quand même près de quatre fois plus qu’elle. Bien que la moto lui tombe parfois dessus, elle insiste sur le fait qu’elle préfère rouler que manger quand elle a faim.
Quant aux voitures, elles n’y voient aucun sens.

11 réflexions sur “Sally Robinson-Halterman

  1. Une grande détermination de cette femme passionnée Après ton récit je trouve que c’est une grande dame à l’étroit dans la hauteur de ses ambitions, Bonne journée Amélie.

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  2. Elle a fait bouger les limites imposées par les hommes.Il en a fallu et il en faut toujours de ces femmes là pour nous faire évoluer.Je parle pour moi aussi.
    Une belle histoire que tu nous as racontée là.
    Et une belle femme dans tous les sens du terme.

    Aimé par 1 personne

  3. Comme chaque fois qu’Amélie nous enchante avec des histoires de femmes conduisant des motos, j’ai honte d’être un homme. Ceux qui me connaissent savent que je suis le mec qui respecte le plus les femmes, les admire et leur fais confiance. C’est pourquoi des histoires de machisme exacerbé à l’endroit de femmes qui ne demandaient que d’être des être humains me gonflent les ‘choses de la vie’. C’est tout. Continue Amélie à nous faire prendre conscience que les machos ne sont que des ‘pédés’ en comparaison avec de de vraies femmes. Na!

    Aimé par 1 personne

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